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Deux essais en français: La conversation et Le réveil

„Je suis incapable de répéter avec exactitude l’histoire de Jean-Loup. Elle était dramatique, confuse, compliquée. Plus son récit s’approchait de la fin, plus il devenait incroyable ; bien plus, improbable. Il parlait dans le dialecte local, et pourtant j’avais l’impression d’écouter une nouvelle d’Edgar Allan Poe ou de Roald Dahl.
Tout en sachant que ceux qui me croiront seront peu nombreux, je vais tenter de transmettre ce que j’ai entendu et retenu, le plus fidèlement possible.
Eh bien, voilà ce qui s’est passé. Vers neuf heures du matin, Mathieu a mis son chapeau de paille, glissé une fougasse et deux morceaux de pissaladière du dîner de la veille dans sa besace en toile, sorti une bouteille d’eau minérale du frigidaire, et s’est dirigé vers la vigne. Malgré l’heure matinale, l’air frémissait de chaleur, cependant c’était comme tous les jours, rien n’annonçait le malheur. Marie-Claire a dressé comme d’habitude la table pour une heure moins le quart. Mathieu n’était jamais en retard, par principe. Quand il s’asseyait à table, on pouvait régler la montre à la minute près.
À deux heures passées, il était évident que quelque chose était arrivée. Marie-Claire s’est couvert la tête d’un fichu en toile et est allée le chercher dans la vigne. Elle l’a trouvé tout de suite. Il était couché, inconscient entre deux rangées. Heureusement, elle avait son portable et a appelé l’ambulance. Ils sont arrivés au bout de onze minutes, un médecin et deux infirmiers du Centre hospitalier Joseph Imbert d’Arles-Fourchon. Ils l’ont mis sur le brancard, et ont tout de suite démarré, toutes sirènes hurlantes. À l’hôpital, il a été admis dans l’unité des soins intensifs, où on a entrepris la réanimation. Au bout de trois jours, malgré les efforts des médecins, Mathieu n’était toujours pas sorti du coma. Le quatrième jour, après les consultations, on l’a transporté en hélicoptère à l’Hôpital de la Timone de Marseille. Les examens ont confirmé l’état du coma profond. L’encéphalogramme indiquait invariablement des ondes delta diffuses, sans réactivité aux stimuli extérieurs. Il est resté aux soins intensifs, branché aux appareils, trois moniteurs et une multitude des lumières clignotant au-dessus de sa tête. Les jours passaient, et il ne retrouvait pas conscience : les yeux fermés, il errait dans un ­ailleurs inaccessible aux autres. Les médecins nous ont prévenus que cet état pourrait durer des semaines, des mois, voire des années…”

Waga 0.2 kg
Autor

Przekład

Elżbieta Jogałła, Malina Stachurska

Fotografie

Adam Wodnicki

Format

120 x 205 mm

Ilość stron

44

ISBN

978-83-7866-349-2

Oprawa

miękka z zaokrąglonymi rogami

Inne uwagi

w języku francuskim